Le comble d'un amant est de n'aimer personne...

A la croisée des peurs, j'ai efleuré des fleurs du mal, cueillies à la tombée du jour, sur une place à Pigalle. J'ai décroché l'amour le temps d'un printemps, au gré des marées de mon coeur, adossé au carrefour de ma nudité, pour m'étreindre et me faner, une nuit délicate, ou l'arôme subtil du corps de l'inconnue m'ennivre et me souille, à m'en imploser le coeur, à jouir au delà de l'envie.

J'ai caressé au hasard de mes lèvres, le visage voilé de sanglots d'une femme éphémère. J'ai courtisé ses yeux et bu son sourire, je l'ai tant désiré que mon esprit divague. J'ai porté en mon être le mariage d'une journée, fidèle à ses charmes pour mieux m'évader.
La solitude est le mal de ma vie, je me noie dans des pensées ingrates, je cultive cette errance au delà des villes, et me console en découvrant des corps, aussi solitaire que moi.
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# Posté le vendredi 21 mars 2008 15:34

A ma parisienne.....inspiré de ses charmes..............

Assise sur le quai de février, de pied ferme attâché au pavé de mon âge, la femme de ma nouvelle pleure ses vêtements. Le souffle à la main, l'instant d'un sanglot, elle pousse son ivresse à trinquer au poète. Elle lève son coeur au dessus de sa tête, brandit ses lèvres comme seul argument, elle ne veux surtout pas croire que la prose peut nous nuire.

Habillée de sa nudité, voilée de pudeur, éclairée par le regard d'une lampe, elle demeure étendue au hasard du temps sur le seuil de mes mots. elle quémande un morceau de phrase, mendie une robe, elle ose caresser l'espoir qu'à la page suivante, elle ne demeure pas dans le même état. Pourtant, j'ai bien pensé de pas la troubler, la poser sur la peau de ma feuille du bout de la plume, sans lui ôter le moindre de ses charmes. Ma pensée n'a pu contenir sa perversité, et de mes termes est née, une femme aussi nue que mon coeur.

C'était une femme de rien, à l'aube d'un sujet, dansant au gré des variations de la plume, qui se dressait à la pointe d'une ligne, sur des talons de mots. Elle ondulait sa courbe à chaque carrefour, nourrissant de plaisir la plus misérable locution. Une femme de pensée, l'amante truquée par la valeur des termes, qui vivait dans ma tête et qui voulait sortir.
Je ne peux incliner ma pensée, son image me gêne le jour; me courtise la nuit. Chaque heure, chaque personne, chaque sanglot me rapelle à son souvenir, chacun de ses yeux me pousse à me perdre. Si j'essaie de croire qu'elle peut s'égarer, c'est que mes mots se sentent aujourd'hui menacés d'une prochaine descente, d'une aventure de papier entre l'encre et ma peine. Je sais pertinement que ma mine s'en moque, que mon écriture plus étique encore, ne supportera pas le poids trop accablant de ma pensée. Je suis pourtant persuadé que j'arriverais à trouver un carnet, que mon envie ne restera pas sans abrit.

Il pleut ce matin, et ma femme est trempée. Le vent ne bourdonne qu'à demi et l'eau déjà s'accumule à en emplir ses yeux. Les feuilles sont parties danser au canniveau, l'égoût de ses larmes innonde goutte-à-goutte les mots qui la séparent de moi. Les vagues trouvent chemin, et maintenant, ma feuille est noyée. L'encre s'accroche désormais aux paroies glissantes de mes caractères, mais le flot est trop préssé, ma plume s'embarque. Le canot à la main, je repêche mon outil et mon amante aussi. Je presse mon désir à faire sécher mon coeur, supplie mes mots encore grelotants de trouver un refuge, en une autre feuille, à ma vie toute entière. J'enmène avec moi, sous le bras du temps, celle qui égaye ma prose.

Sur une autre rive, en une autre demi-heure, j'implore ma femme de ne pas s'en aller. Le sommeil a jugé qu'il était un peu tard, et qu'il devait évanouïr l'éclaircie de ma tête.

Aujourd'hui c'est la neige qui menace, et le temps ne va plus. La femme de ma nouvelle, sur cette branche ingrate, en a assez de moi et de toutes ces tournûres. Le froid a cela d'exitant, qu'elle demeure énervée. J'amuse ma langue à lui venir en aide, et mon esprit se fascine toujours par sa nudité. Il faut cependant que mon rêve s'organise, que sa volonté soit faîte, que j'écrive un vêtement. Mon orgueil n'a d'égal que mon obscénité, et je peine à le garotter dans ma convenance. Elle reste immobile, perchée au sommet de mon crâne, ni moi ni mes mots ne pouvons l'atteindre pour la réchauffer. Je conçois avec lucidité que la chute sera brutale, si je ne trouve guerre de remède à sa frilosité. Alors je me retire sans hâte, sème mes dernières traces à lui trouver une robe, mais la neige est glaciale et ma mémoire ne se souviens plus de la rue des échoppes. Je tourne ma tête au dessus de la capitale, èrre en des coins sans aiguiser mes pas, provoque mon hasard à trouver du tissu.
J'ai gaspillé beaucoup trop d'espérance, ma peine doit se résoudre à ne rien découvrir.

Si ma raison le veux, elle sera ingénieuse, et l'horloge à la main, elle défiera Chronos. Elle attendra mon retour, patiente, sur le bord de mon inspiration.

A cette heure, le ciel est tombé sur Paris, et mon coeur fait le mouchard. Mes mots raisonnent jusqu'à effrayer le support, et me poussent à me perdre. Je ne parviens plus désormais à contrôler ma main, ni même à faire taire ses cris qui assiègent ma tête. Je leur lègue alors la tâche la plus épineuse, qu'ils me prouvent leur talent en inventant la fin.


Il suffit de choisir ses mots, et la beauté parraît. Les miens n'ont pas pu contenir leur perversité, alors, de la femme de ma nouvelle, il n'en reste qu'une miette. Ils ont jugés bon de recouvrir à sa nudité, cette amante aussi nue que mon coeur, demeurera bien au chaud au fond de ma nostalgie.
Son sang tâche ma feuille au coeur, en fait, elle est née prisonnière de mon écriture, enfermée derrière toutes ces phrases, elle meurt dans la ville de mots que j'ai créé pour elle.

# Posté le lundi 17 mars 2008 12:54

Nul n'est artiste, nous faisons simplement que le préceder...

Gommer, quel exercice magnifique. Voguer entre toutes les vagues de mots, au dessous de la limite affirmée et au dessus de ce qui reste encore perméable, me réjouis. Parfois même la vue d'une lettre ou d'un mot traître me fait effacer jusqu'à la ligne entière. Mais quelle satisfaction que de savoir que l'on peur batîr un monde impropre sans le laisser vivre, que l'on peur omettre en ayant conscience de créer un homme, que l'on peut tout simplement donner la mort.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 09:50

Modifié le dimanche 09 mars 2008 12:02

Laquelle de ces définitions peut définir le mieux "le plus vieux métier du monde" ?

Prostitué:

1_ Femme sans vertue vivant au gré de ses mariages d'un jour, délimitant une parcelle de trottoir, et cherchant dans l'amour à éliminer le trop plein de tendresse qu'elle sème en couchant.


2_Personne entreprenante aimant l'alpinisme, grimpant des montagnes enneigées de caresses, pour parvenir aux étoiles, à escalader le pic vertigineux qui la mènera, là-haut, au sommet du septième ciel.

3_Femme soumise aux lois souvent trop contraignantes de l'économie, qui, pour garder pied dans ce marécage rempli de créatures aux yeux de dollar, est obligée d'offrir ce qu'elle possède de plus personnel pour obtenir faveur, en échange d'une paye qui peut-être variable en fonction des plaisirs.

4_Personne ( pouvant-être des deux sexes) ayant pour seule alternative, celle de bien vouloir pêcher, pêcher des plaisirs afin de remonter de sa canne corporelle des poissons luisant d'argent, brillant de par le désir qu'ils ont au début de l'acte, et terne lorsqu'ils redescendent de cette tour d'horizon , avec pour seule envie que d'y accéder de nouveau.

# Posté le samedi 08 mars 2008 12:47

Ma seule maîtresse, c'est la littérature...

Ma seule maîtresse, c'est la littérature...
J'ai compris ce matin en m'éveillant à nu devant la blancheur trop pâle de son corps allongé, que Dieu ne peut-être qu'une femme. Je me suis fourvoyé tant d'année que je n'y pensais plus. Dieu est femme, et qu'il en soit ainsi.
C'est en arraisonnant son corps pour la piller de ses charmes, pour lui donner le goût de m'aimer encore que je me suis émut, assis-là, à contempler toujours cette à plat. Son corps endormi recelait des trésors, et c'est à cet instant que je l'ai vu. La main, preuve de ma révélation matinale et soudaine. J'ai compris en découvrant sa main qu'elle-seule serait capable d'écrire délicatement le vocabulaire dans une harmonie, de dessiner le langage du bout de ses doigts. J'ai compris que ce membre magnifique, lié au reste de l'anatomie, serait pour moi le filet de lumière qui m'en dirait d'avantage sur l'origine de dieu.

J'aurais voulu être femme sur l'instant, ma changer en une main féminine pour noter en cette page avec plus de grâce, de beauté. Mais je ne suis ni femme ni dieu, alors je me contente de ma main pour orner cette feuille d'une écriture discordante, de symboles mal ajustés.
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# Posté le samedi 08 mars 2008 12:28

Modifié le vendredi 14 mars 2008 10:21